19/03/2007
C'est quoi, un travail ?
"Quand des écrivains se plaignent de leur sort matériel, ils suscitent toujours une vive agressivité. Ce ressentiment doit plus à des images d’Epinal qu’à la réalité: comme le rappelle le sociologue Bernard Lahire dans «La Condition littéraire», en dehors de l’infime minorité qui vit de ses oeuvres, les auteurs n’ont pas de statut social en tant que tels. Ils ont le statut de leur second métier, de leur gagne-pain, qui peut être très divers. Et si beaucoup sont précarisés, c’est au même titre et pour les mêmes raisons que l’ensemble de la population. En revanche, ils suscitent une jalousie justifiée dans la mesure où ils ont la chance d’avoir identifié leur vocation, et d’avoir dans leur vie une activité gratuite, qu’ils exercent pour elles-mêmes. Ils donnent ainsi une visibilité à un besoin qui existe chez tout le monde, mais qui ne trouve pas toujours à s’exprimer. L’écriture a aussi ceci de particulier qu’on y est irremplaçable: personne d’autre ne pourrait produire le même texte. Or, en lisant, dans «Working», les témoignages d’Américains recueillis dans les années soixante-dix par le journaliste Studs Terkel, on s’aperçoit que c’est cela qui départage les travailleurs heureux et malheureux: la possibilité ou non de se mettre soi-même dans ce qu’on fait. Une aspiration humaine essentielle, mais compromise, dans tous les secteurs d’activité, par l’automatisation et la standardisation."
http://peripheries.net/article309.html
Un texte certes long...(Bah oui, bande de vous, fallait cliquer sur le lien pour lire...) mais un texte qui crée des volutes dans nos esprits !
Et des Volutes... pas n'importe lesquelles...
... Puisque le "Carnet de Périphéries" évoque ici des thèmes comme le "double-emploi" de l'artiste écrivain : il apparaît qu'on le qualifie le plus souvent par le deuxième métier qu'il a, celui qui lui permet de subsister, plutôt que par celui d'écrivain lui-même.
Une jolie étude à la question "Raaah, mais pourquoi on devrait payer pour des glandeurs qui veulent vivre de leur plaisir, et ne pas bosser comme les autres ?!!!", argument à la noix qu'on entend souvent également dans le débat concernant les Intermittents du Spectacle... et qui est joliment - et bien agréablement - contré ici..
La parenthèse sur les Intermittents, que l'on sent arriver plus on comprend que c'est exactement le même problème, n'en est que plus... jouissive/passionante/autre -choisissez...
Un developpement sur la considération du "travail", une critique sur le système de (sur)productionàlachaîne-quisecontrefoutdel'humainetrechercheseulementleprofit- capitaliste, et il apparaît que tout être humain est par nature un artiste : on veut laisser notre trace personnelle dans chaque travail, dans chaque production réalisée par notre petite personne...
Alors... convaincus ?
L'homme est-il un artiste ?
(Tiens, on doit pas commencer l'art tout à l'heure en philo ? :P )
07:43 Publié dans Volutes Longues. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

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